Bonjour !

Je m’appelle Nirine et je suis photographe humaniste.

Il y a plein de choses que j’aime et que je retrouve dans la photo.

J’aime la vie, le mouvement, le chaos !

J’aime le naturel, capter des images sur le vif.

J’aime découvrir de nouvelles manières de vivre, de faire et de penser.

Mais j’aime avant tout me faire embarquer dans un monde, une culture que je ne connais pas.

Je n’aime pas les choses communes ou plutôt, j’estime que rien n’est banal.

Un prénom peu commun

Je suis suisse mais je porte un prénom malgache qui signifie “l’enfant qui a été désirée”. Pour la petite histoire, mes parents se sont mariés dans un village à Madagascar. Plutôt atypique, non ?

Grâce à ce prénom, j’ai l’impression de porter en moi une différence unique, une autre culture. Je dis souvent que je ne me sens pas « suisse » mais « africaine ». D’ailleurs, c’est en Afrique que je me sens le plus chez moi.

Aujourd’hui, je me rends compte à quel point cet héritage a influencé ma vision du monde.

Une enfance ailleurs

Mon père a longtemps travaillé pour la SDC (Swiss Developpment Coopération), ce qui nous a amenés à vivre à l’étranger : au Bangladesh et en Tanzanie. Je suis aussi partie seule vivre quelques mois dans un petit village au Bénin, sans eau courante ni électricité. J’ai fêté mes 19 ans là-bas !

Je me souviens encore de mon père nous demandant un soir autour de la table : « Où est-ce que vous aimeriez vivre ? En Tanzanie ou en Suisse ? ».Tous les quatre ans, on partait dans un nouveau pays.

Déménager aussi souvent, ce n’est pas évident, surtout quand on est ado. C’est pour cela que je fais de la photo : j’ai besoin de documenter tout ce que je vis, tout ce que je vois pour ne rien oublier.

Quelques photographies argentiques prises au Bénin, en 2008.

L’arrivée de la photographie dans ma vie

Je ne peux pas imaginer une vie ou une Nirine sans photo. Beaucoup de gens pensent que je suis née avec mon appareil photo en mains. Et pourtant, ce n’est pas le cas !

La photographie est arrivée tard dans ma vie. Enfant, j’étais attirée par le travail avec la couleur, les arts visuels – la peinture et le dessin principalement. Je pouvais passer des heures, des nuits blanches à peindre. Je peignais principalement des portraits.

Il y a des artistes qui imaginent leur œuvre dans leur tête. Moi, j’ai toujours dû m’inspirer de choses réelles, observer quelque chose pour ensuite le réinterpréter, comme des photos de portraits de grands photographes.

Mais la photo a toujours été présente dans mon environnement : mon grand-père et ma mère étaient passionnés de photographie. Enfant, j’ai toujours eu un appareil photo que j’utilisais pour documenter les voyages que nous faisions. Dans notre famille, c’est un peu un rite de passage : on ne peut pas être un « Arnold » sans appareil photo. A l’époque, je n’avais pas la prétention ni l’envie d’être photographe. Je souhaitais juste ramener des « clichés souvenirs ».

J’ai peint ce portrait quand j’avais tout juste 16 ans.

Un jour lors de ma scolarité, j’ai suivi un cours sur le tirage photo argentique. Et j’étais fascinée en découvrant à chaque fois l’image qui se révélait.

Après ce cours, j’ai fait un magnifique voyage en Amérique latine avec ma famille: Argentine, Chili, Pérou et Bolivie. Et c’est là où j’ai piqué le cher Minolta de mon frère, mon premier appareil argentique. Je me souviens encore des scènes de rue, des marchés en Bolivie. Il y avait une telle atmosphère, un tel chaos ambiant, des femmes qui portaient leur enfant dans le dos, des imprimés avec des couleurs si vives… Tellement de choses que je souhaitais documenter. Ma première montée d’adrénaline photographique.

En fait, je suis passée d’une passion pour la peinture à une passion pour la photographie. La raison? J’aime l’instantané de la photographie. Quand je peignais, cela me prenait des heures innombrables : plus de  50 pour un portrait! Mais la photographie, c’est de l’instantané. On se laisse porter par son inconscient, son intuition pour créer de «vraies» images.

Je suis tombée amoureuse de ce procédé… et de l’instant présent.

Un mélange de photographies et de peinture créées suite à ce voyage en Amérique Latine.

Autodidacte, j’ai appris sur le terrain

Je n’ai pas suivi de formation photo. J’estime qu’on apprend le plus sur le terrain.

C’est comme ça que Richard Fasseur, explorateur et excellent photographe de paysage m’a tout appris :

  • comment faire du repérage photo,
  • comment analyser la lumière naturelle,
  • comment utiliser les modes de mon appareil photo,
  • et comment bien composer une image.

Et surtout, j’ai adoré écouter ses récits sur ses nombreux périples photographiques. Du haut de mes 21 ans, je voulais vivre une vie comme lui : une vie stimulante, de voyages, de découverte, de baroudage.

Une passion

La photographie a toujours été une passion dévorante pour moi, et ce, dès l’adolescence.

Mais comme vivre une vie d’artiste est difficile, j’ai trouvé sage de faire  un bachelor en Travail Social. Et j’ai adoré ce métier ! Je ne pense pas que j’aurais pu faire autre chose que ça tant j’ai besoin de sens dans tout ce que je fais et vis.

J’ai adoré travailler, pendant presque huit ans, avec des adolescents en rupture sociale, familiale et professionnelle. Mais j’ai baroudé dans le social : tous les ans, je changeais de structure. Comme si j’étais assoiffée d’aventures, de connaissances et qu’il y avait quelque chose qui me manquait terriblement : la photo.

Mais mon appareil photo n’était jamais loin.

Le plus souvent possible, je partais mon sac à dos au dos et mon sac photo devant.

Les amis qui m’accompagnaient l’avaient compris : les matins et les fins d’après-midi, je les passais seule pour photographier les scènes de rues.  

Un voyage initiatique

Un voyage m’a particulièrement ouvert les yeux et entraîné mon regard. J’avais tout juste 20 ans et je voulais redécouvrir l’Asie (J’y avais un peu vécu enfant mais honnêtement, je n’en avais pas de souvenir précis…) Thaïlande, Laos, Vietnam. Pas encore à l’aise de partir toute seule avec mon sac à dos,  j’ai intégré un groupe de jeunes voyageurs.

Coup de chance : mon guide était un jeune thaïlandais qui avait décidé d’être guide de voyage pour photographier. Pendant que le reste du groupe faisait des visites touristiques, on partait tous les deux, en touc-touc, découvrir l’ambiance rurale de ces pays. Souvenir d’une plantation de sel où j’ai observé ces travailleurs vietnamiens travailler comme une colonie de fourmis dans une fourmilière. La lumière n’était pas bonne ce jour-là, mais la scène que je découvrais était si belle… ! Ma passion pour la photo s’est décuplée, ça compensait bien le mal aux fesses après deux heures sur des routes non goudronnées !

Et puis, je suis rentrée en Suisse et la vie a repris son court. J’ai continué mon parcours dans le travail social. Mais les voyages et surtout la photo pendant les voyages étaient un plaisir que je m’offrais, que j’attendais avec impatience.

Un jour, un métier

Un jour, on a commencé à me contacter pour documenter des événements. Une fois, j’ai photographié un tournage toute la nuit et je suis arrivée au travail le lendemain en me disant : « j’adore aider les autres, mais cela ne me procure pas l’adrénaline que la photo me procure. »

Au fond, j’ai toujours eu une âme d’artiste. Ce qui avait du sens, c’était de me balader dans les rues avec mon appareil photo. J’ai donc décidé de dire «au revoir» au social, et«bonjour» au métier de photographe.

De la photographie de spectacles

à la photographie humaniste

Pendant près d’une année, j’ai photographié, un peu par hasard, des plateaux de cinéma, des spectacles.

J’ai découvert avec ces créateurs doués et passionnés, que vivre de son art était possible. Mais après une année d’activité, le social m’a rattrapée.

« Re-act for the cause », un spectacle caritatif

Un jour, j’ai découvert un jeune Youtubeur, Noam Yaron, qui montait une pièce de théâtre pour traiter avec humour et légèreté de deux maladies peu connues, mais courantes dans notre société : la boulimie et l’anorexie. Il voulait récolter des fonds pour aider une association lausannoise ABA (Association Anorexie Boulimie). Comme ce projet me parlait parce qu’il mêlait la photographie, une cause et le monde du spectacle, j’ai photographié une représentation.

Depuis, je m’investis dans ce type de projets sociaux.

« Moi et mon corps », un projet intime

Après une rencontre émouvante avec  une jeune femme qui souffrait d’anorexie, j’ai voulu l’aider à porter un autre regard sur son corps et sur sa maladie. Je l’ai photographiée nue dans des positions qui reflétaient, selon elle, la souffrance qu’elle vivait au quotidien.

Depuis, je souhaite non seulement témoigner de faits sociaux importants, de sujets tabous, mais aussi faire du bien avec mes photos.

« L’urgence de l’aide », un retour dans le social

Une fondation pour laquelle j’avais travaillé m’a mandatée pour photographier les éducateurs sociaux dans leur travail quotidien auprès des mineurs.

Ça a été aussi un moment fort pour moi, une manière de me reconnecter avec mon métier initial.

Le photo-reportage, une montée d’adrénaline

Adolescente, j’ai toujours été attirée par le photo-reportage, par le fait de raconter des histoires en images.

Je me souviens encore me perdre dans des expositions photos humanitaires et de me dire « un jour, ça sera mon expo ! »

Et puis j’adore la lumière naturelle. Le studio, ce n’est pas mon truc : trop faux, trop calculé, trop artificiel. La lumière naturelle est imprévisible et elle apparaît toujours par surprise.

Quand je fais du photo-reportage, je me sens libre. À chaque fois, je vis une montée d’adrénaline indescriptible. Il suffit qu’il y ait un rayon de lumière ou un mouvement qui m’inspire dans le coin de mon œil, et le temps s’arrête pour moi. J’attrape mon appareil photo, je cours et en un fragment de seconde, je sais exactement quelle image je veux prendre, comment je veux la composer et je déclenche.

Après la prise de vue, j’ai toujours beaucoup de plaisir à redécouvrir ces images, à revivre ce que mon œil a perçu à ce moment-là.

Pour moi, le photo-reportage, c’est :

  •  retracer une histoire,
  • arrêter le temps
  • mais surtout prendre du recul, mettre en avant des moments de la vie quotidienne qui semblent banales lorsqu’on les vit.

La photographie, une empreinte dans la vie de l’autre

Pour moi, la photo, c’est créateur de lien.

C’est à chaque fois une empreinte :

  • dans la vie de la ou des personne(s) photographiée(s)
  • mais aussi une empreinte dans ma vie.

Et puis, je suis rentrée en Suisse et la vie a repris son court. J’ai continué mon parcours dans le travail social. Mais les voyages et surtout la photo pendant les voyages étaient un plaisir que je m’offrais, que j’attendais avec impatience.

Mais c’est surtout une expérience humaine vécue à deux ou à plusieurs.

Faire du bien en faisant du beau.

En savoir plus sur ma démarche photographique